Extraits filmés de témoignages

Quelques extraits de témoignages filmés de rescapés et d’anciens génocidaires

La présente enquête consigne de très nombreuses heures de tournage. Voici une sélection des ces entretiens filmés destinée à donner une idée, par l’image, de la méthode employée par l’enquêteur pour mener à bien son investigation. On y trouvera un entretien individuel avec un rescapé, un autre avec un ancien génocidaire, ainsi que deux reconstitutions faites sur le terrain, l’une avec un ancien génocidaire, l’autre avec deux rescapés. Le tout est précédé d’une courte vidéo regroupant une sélection de témoignages différents.

  • COURTE VIDEO REGROUPANT PLUSIEURS TEMOIGNAGES :

[Afin d’améliorer la compréhension de cette vidéo à l’aide de sous-titres en français, cliquez, une fois la vidéo lancée, sur le bouton "CC" en bas de l’écran.]

  • EXEMPLE D’UN ENTRETIEN INDIVIDUEL AVEC UN ANCIEN GENOCIDAIRE :

Jean Ngarambe raconte s’être rendu, le 12 mai 1994, à Mubuga où il savait qu’il trouverait des militaires rwandais. Or ce sont des soldats français qu’il eut la surprise d’y rencontrer. Il fut désigné, dans un premier temps, pour accompagner les soldats français en direction de Bisesero, si ce n’est que ces derniers se rendirent bientôt compte qu’il ne parlait pas français. Jean raconte que le lendemain 13 mai, il se rendit à Bisesero y massacrer les civils tutsi au côté de soldats français. Ce témoignage fut recueilli par Serge Farnel le 30 avril 2009 à Mubuga. Avant d’avoir été consignée dans le livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?", la retranscription écrite de cet entretien a, comme tous les autres entretiens, fait l’objet d’une vérification minutieuse de la première traduction à la volée du kinyarwanda vers le français.

  • EXEMPLE D’UNE RECONSTITUTION FILMEE :

Raphaël Mageza raconte comment il a, le 13 mai 1994, participé à achever les civils tutsi réfugiés sur la colline de Nyiramakware, et préalablement blessés par les tirs des soldats blancs positionnés en face, sur la colline de Mumubuga. Ce témoignage fut recueilli par Serge Farnel le 16 février 2010 sur la colline de Mumubuga. Avant d’avoir été consignée dans le livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?", la retranscription écrite de cet entretien a, comme tous les autres entretiens, fait l’objet d’une vérification minutieuse de la première traduction à la volée du kinyarwanda vers le français.

  • EXEMPLE D’UN ENTRETIEN INDIVIDUEL D’UNE HEURE TROIS QUART AVEC UN RESCAPE :

Témoignage d’Adrien Harolimana recueilli par Serge Farnel le 22 avril 2009 à Kibuye. Adrien y explique notamment les conditions dans lesquelles il a, le 12 mai 1994, aperçu un convoi de soldats blancs passer sur une route, alors qu’ils se trouvait sur la colline de Gitwa (Bisesero). Une reconstitution sur les lieux de la scène du 12 mai 1994 décrite dans le présent témoignage a été effectuée et filmée le 30 avril 2009. Avant d’avoir été consignée dans le livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?", la retranscription écrite de cet entretien a, comme tous les autres entretiens, fait l’objet d’une vérification minutieuse de la première traduction à la volée du kinyarwanda vers le français. Cet entretien fait partie des premiers entretiens traduits par un interprète non professionel. Il s’agit du caméraman qui avait été chargé de filmer les différentes interventions d’un symposium à Kigali. L’enquêteur faisait partie des intervenants de ce colloque et avait demandé au caméraman de bien vouloir l’accompagner afin de recueillir des témoignages. Le présent témoignage fut recueilli par Serge Farnel le 22 avril 2009 dans une chambre du Home Saint-Jean, un hôtel situé à Kibuye, et donnant sur le lac Kivu.

  • RECONSTITUTION SUR LE TERRAIN D’UNE HEURE AVEC GUDELIEVE MUKANGAMIJE ET MICHEL KAYIHURA :

Interview et reconstitution sur le terrain faite avec Gudelieve Mukangamije et Michel Kayihura et réalisée par Serge Farnel au Rwanda le 14 février 2010.

Cette interview ne figure pas dans le livre de Serge Farnel, en raison d’un travail de recoupement qu’il jugeait alors utile de faire. Mais puisque Anne Jolis, qui a accompagné Farnel au Rwanda, y a fait référence dans l’article qu’elle a fait paraître en février 2010 dans le Wall Street Journal, nous choisissons, par souci de transparence, de diffuser cette interview dans son intégralité.

Extrait de l’article du Wall Street Journal faisant référence à cette interview à laquelle a assisté la journaliste Anne Jolis : « Nous savions que c’était une ruse contre les Tutsis », dit Raphaël Mageza, le beau-frère de M. Sikubwabo. Les Blancs servaient de leurres, afin de rassembler des informations au sujet des endroits où les Tutsis se cachaient. Gudelieve Mukangamije, l’une des victimes potentielles de M. Mageza, en convient : « Ils [les Blancs] ne nous donnèrent pas de bâches [comme ils l’avaient promis]. Ils nous tuèrent. Et ils nous donnèrent aux Interahamwe. »