Extraits filmés de témoignages

Quelques extraits de témoignages filmés de rescapés et d’anciens génocidaires

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  • Hommage à Siméon Karamaga :

Siméon Karamaga, un des principaux chefs de la résistance civile de Bisesero au génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda, nous a quitté en mai 2020. En hommage à ce grand Homme, voici un extrait d’une interview qu’il fit il y a dix ans et dans laquelle il relate comment des Blancs étaient, à la mi-mai 1994, venus appuyer les forces génocidaires sur le terrain du plus grand massacre anti-Tutsi. Siméon Karamaga fut l’adjoint du chef de la résistance civile. Son courage et son intelligence a permis aux dizaines de milliers de civils tutsi réunis à Bisesero de résister sans arme pendant des semaines aux attaques des génocidaires. À tel point que ces derniers n’eurent d’autre choix que de faire appel à des soldats blancs munis d’armes lourdes pour venir à bout de cette dernière poche de résistance civile au génocide. Le 12 mai 1994, Siméon Karamaga a vu ces soldats blancs rejoindre leurs assassins pour organiser l’attaque génocidaire du lendemain. Courant pour sauver leur peau, tous les rescapés tutsi n’ont pas vu ces dix, vingt ou trente soldats blancs au cours de la grande attaque qui regroupait des milliers de génocidaires. Mais les nombreux survivants qui les ont vus certifient que ces Blancs ont activement participé, le 13 mai, au massacre de plus de 40.000 Tutsi à Bisesero. Des armes lourdes pour oser affronter des civils combattant à mains nues fut le seul moyen pour les génocidaires de venir à bout de ces Hommes et Femmes hors du commun. Ce fut le combat du courage contre la lâcheté, de l’honneur contre le déshonneur, combat duquel les Tutsi de Bisesero sont les grands vainqueurs au regard de l'Humanité, au regard de l’Éternité.

  • EXEMPLE D’UN ENTRETIEN INDIVIDUEL AVEC UN ANCIEN GENOCIDAIRE :

Jean Ngarambe raconte s’être rendu, le 12 mai 1994, à Mubuga où il savait qu’il trouverait des militaires rwandais. Or ce sont des soldats français qu’il eut la surprise d’y rencontrer. Il raconte que le lendemain 13 mai, il se rendit à Bisesero y massacrer les civils tutsi au côté de soldats français. Ce témoignage fut recueilli par Serge Farnel le 30 avril 2009 à Mubuga. Avant d’avoir été consignée dans le livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?", la retranscription écrite de cet entretien a, comme tous les autres entretiens, fait l’objet d’une vérification minutieuse de la première traduction à la volée du kinyarwanda vers le français.

  • EXEMPLE D’UNE RECONSTITUTION FILMEE :

Raphaël Mageza raconte comment il a, le 13 mai 1994, participé à achever les civils tutsi réfugiés sur la colline de Nyiramakware, et préalablement blessés par les tirs des soldats blancs positionnés en face, sur la colline de Mumubuga. Ce témoignage fut recueilli par Serge Farnel le 16 février 2010 sur la colline de Mumubuga. Avant d’avoir été consignée dans le livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?", la retranscription écrite de cet entretien a, comme tous les autres entretiens, fait l’objet d’une vérification minutieuse de la première traduction à la volée du kinyarwanda vers le français.

  • EXEMPLE D’UN ENTRETIEN INDIVIDUEL D’UNE HEURE TROIS QUART AVEC UN RESCAPE :

Témoignage d’Adrien Harolimana recueilli par Serge Farnel le 22 avril 2009 à Kibuye. Adrien y explique notamment les conditions dans lesquelles il a, le 12 mai 1994, aperçu un convoi de soldats blancs passer sur une route, alors qu’ils se trouvait sur la colline de Gitwa (Bisesero). Une reconstitution sur les lieux de la scène du 12 mai 1994 décrite dans le présent témoignage a été effectuée et filmée le 30 avril 2009. Avant d’avoir été consignée dans le livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?", la retranscription écrite de cet entretien a, comme tous les autres entretiens, fait l’objet d’une vérification minutieuse de la première traduction à la volée du kinyarwanda vers le français. Cet entretien fait partie des premiers entretiens traduits par un interprète non professionel. Il s’agit du caméraman qui avait été chargé de filmer les différentes interventions d’un symposium à Kigali. L’enquêteur faisait partie des intervenants de ce colloque et avait demandé au caméraman de bien vouloir l’accompagner afin de recueillir des témoignages. Le présent témoignage fut recueilli par Serge Farnel le 22 avril 2009 dans une chambre du Home Saint-Jean, un hôtel situé à Kibuye, et donnant sur le lac Kivu.