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Rwanda, 13 mai 1994: enquête sur la participation de soldats blancs à l'éradication de la dernière poche de résistance au génocide des Tutsi du Rwanda.

Témoignage de Marcel Harerimana (fils d'Aminadabu Birara)

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ÉCOUTEZ LES TÉMOINS EN CLIQUANT : ICI.

Ce massacre génocidaire des 13 et 14 mai 1994 à Bisesero (ouest du Rwanda), un mois et demi avant l'opération Turquoise, fit près de 50'000 victimes civiles tutsi. Les Tutsi de Bisesero abandonnés fin juin 1994 pendant trois jours par les soldats français de l'opération Turquoise étaient les rescapés de ce massacre. Cet abandon est susceptible d'avoir été motivé par le souci qu'il ne reste aucun témoin de la participation de soldats blancs (désignés comme français par d'anciens génocidaires qui massacraient les Tutsi avec eux) au massacre du 13 mai.

Information : L'enquête sur la participation de soldats blancs au génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda a été la cible de tentatives infructueuses de dénigrement. L'enquêteur Serge Farnel a lui-même été la cible de calomnies visant à disqualifier les dizaines de témoignages recueillis par lui-même ainsi que d'autres enquêteurs, les témoins ayant été accusés d'avoir accepté de l'argent pour mentir, ce alors que ces enquêtes ont été réalisées avec la participation active d'un intervenant d'Ibuka (association rwandaise de rescapés du génocide) et introduit aux enquêteurs par la direction même d'Ibuka. La première de ces enquêtes a été réalisée avec le concours du ministère rwandais de la Justice et de l'ancienne Commission nationale de lutte contre le génocide. Plus d'information ICI.

Une plainte en diffamation a été déposée par Serge Farnel contre le directeur de publication d'un site web associatif. Le procès a eu lieu à Paris. Il a été jugé qu'il y avait bien eu diffamation et que le diffamateur n'a pas été en mesure de prouver ses accusations contre Serge Farnel.

Le jugement fait état de ce que les éléments fournis par la défense "ne permettent pas de faire la preuve de la vérité du fait diffamatoire, dès lors qu'ils ne sont, pour les premiers, pas corrélés à l'imputation diffamatoire décelée dans le propos, et que la seule déclaration d'Eric NZABIHIMANA, qui vise indistinctement et imprécisément des témoins auxquels de l'argent aurait été promis, est insuffisante à apporter la preuve complète, parfaite et corrélative de sa vérité."

Le prévenu n'a donc été relaxé qu'au titre de la bonne foi, les juges ayant considéré que ce dernier avait publié les propos du diffamateur en pensant de bonne foi qu'ils étaient exacts.

Toute récidive de cette diffamation ne bénéficierait plus de cette bonne foi et entraînerait une condamnation.

Les cinq documents de l'offre de preuve de la défense se sont avérées être sans lien direct avec l'affaire, ce alors que le président de l'association dont le prévenu dirigeait l'antenne française avait, deux ans plus tôt, fait publiquement savoir qu'il n'y avait, au terme d'une "enquête approfondie", plus aucun doute sur la véracité des accusations. L'offre de preuve contraire de la partie civile (Serge Farnel) comptait, elle, une centaine de pièces.

Il n'y avait, par ailleurs, pour la défense, aucun autre témoin de l'offre de preuve que le diffamateur lui-même, le tribunal ayant accepté qu'il soit témoin de sa propre diffamation. En dépit de cela, les magistrats n'ont donc pas considéré son témoignage probant. La partie civile a, elle, fait citer sept témoins à comparaître.

Parmi ces sept témoins, les cinq témoins de la partie civile (Serge Farnel) témoignant de la présence de Blancs le 13 mai 1994 à Bisesero (certains d'entre-eux étant en mesure d'en préciser la nationalité française) ne se sont pas vus accorder par les autorités rwandaises leur passeport pour se rendre à Paris afin d'y déposer leur témoignage sous serment, ce en dépit du fait qu'un huissier rwandais leur avait bien remis une citation à comparaître.

Les juges français ont rejeté la demande de la partie civile d'un report d'audience. Des accusations ont dès lors pu, au cours de l'audience, être portées contre ces témoins de la partie civile sans que ces derniers ne soient en mesure d'y répondre autrement que par l'attestation écrite qu'ils avaient, au préalable, pris soin de faire déposer au greffe. Ces attestations n'ont toutefois pas été considérées au titre de la contre-offre de preuve : seul leur témoignage sous serment aurait pu l'être. La partie civile a ainsi été privée des moyens de porter la contradiction.

Le fait majeur de ce procès est qu'en dépit de l'obstruction faite aux témoins de la partie civile :

C'est un des témoins (M. Marcel Harerimana) cités au titre de la bonne foi du diffamateur qui a confirmé sous serment avoir vu des Blancs à Bisesero le 13 mai 1994; ce témoignage reçu sous serment est à classer parmi ceux, nombreux et convergents, émanant d'autres Rwandais, qui ont maintenu quant à eux les avoir vus tirer sur les Tutsi.

Quatorze témoins ont par ailleurs, en 2025, signé une attestation confirmant leur témoignage d'il y a quinze ans sur la présence de Blancs le 13 mai 1994 à Bisesero, venant s'ajouter au témoignage de cette présence déposé sous serment le 5 mai 2025 par Marcel Harerimana. 

Extrait de la lettre de Serge Farnel adressée au Président de la Cour d'Appel :

"L'action judiciaire menée n'a été dictée que par le souhait de mettre un terme à une campagne me visant, portant atteinte à mon honneur, préférant les discussions franches, les dialogues ouverts, aux batailles y compris judiciaires.

J'ai été sensible au message reçu récemment d'une personne que je tiens en haute estime, qui m'a remercié d'avoir mis fin à la procédure, me rappelant savoir ce que j'ai fait pour les rescapés, saluant également mon combat contre le négationnisme. Cette marque de sympathie m'a conforté dans la pensée que j'avais fait les bons choix, dont le dernier conduisant à l'apaisement.

Je désire, en cette date importante qui correspond à la semaine de commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda, lui dire que je n'avais d'autre choix que d'intenter cette procédure, d'abord parce que tout homme doit pouvoir se défendre contre la calomnie, d'où qu'elle vienne, ensuite car si je suis attaché au devoir de Mémoire, je le suis au moins autant au devoir d'Histoire.

C'est pourquoi j'ai donné l'occasion à mon diffamateur de prouver la vérité de ses propos diffamatoires, ce qu'il n'a pas été en mesure de faire. Je n'ai, pour ma part, jamais douté qu'il puisse en être autrement, sauf à aller trop loin dans l'illégalité.

J'ai, il y a quinze ans, fait une promesse solennelle à des rescapés d'aller au bout de mes efforts pour porter leur parole.

J'ai tenu cette promesse."

L'audience en première instance a révélé que certains rescapés ne comprenant pas le français ont été mal informés et ont dès lors pu penser que l'enquêteur aurait, dans les livres qu'il a écrits, transformé leurs paroles en leur faisant dire qu'ils avaient vu des Français le 13 mai 1994, à Bisesero, quand ils s'étaient, pour leur part tout au moins, contentés de lui dire y avoir vu des Blancs. Cela n'a jamais été le cas, n'importe qui pouvant le vérifier puisque aussi bien les vidéos que les écrits sont publics et disponibles. Ceux qui témoignent au sujet de la nationalité française de ces Blancs sont des génocidaires.

La partie civile a fait savoir, dans une lettre adressée le 9 avril au président de la Cour d'Appel, avoir mis fin aux procédures car les cing témoins qu'elle a fait citer en première instance "n'ont toujours pas obtenu leur passeport, lequel est de droit selon la loi rwandaise, alors que leur demande remonte au mois de janvier 2025, soit il y a plus d'un an". Est ajouté qu'elle a confirmation qu'une personne de nationalité rwandaise ne figurant pas sur la liste des témoins de son offre de preuve contraire a obtenu son passeport en quelques jours.

Ne vous détournez pas de ceux qui ont eu le courage de parler. ÉCOUTEZ-LES EN CLIQUANT ICI.. ou ICI. Voici, par ailleurs, deux témoignages entendus lors des auditions publiques de la commission de l'État rwandais en 2006 et absents, contrairement à d'autres, du dernier rapport commandé par ce même État rwandais.

Pour lire gratuitement le livre de l'enquête en ligne, suivez ce lien: Livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?" en intégralité

Lire l'interview: Bisesero vous est raconté.

Premier épisode du récit audio du livre "Bisesero, le ghetto de Varsovie rwandais": 

Accédez gratuitement aux épisodes suivants en téléchargeant l'application, elle-même gratuite, grâce à ce lien: https://hoozapodcast.glideapp.io

Le 13 mai 1994 à Bisesero au Rwanda sur la colline de Kagari, Monsieur Sylvain Nyakayiro a vu des soldats blancs tirer sur les civils tutsis, dont il faisait parti, à partir de la colline de Mataba.

"Ces soldats blancs étaient en train de tuer avec de très grosses armes à feu des civils tutsis dont ma grande soeur Mukasine Nelly."

Sylvere6

Pour sa part Boniface Mutuyemungu sur les mêmes lieux à Bisesero au Rwanda sur la colline de Nyiramakware:

"A vu des policiers et deux soldats blancs tirer sur nous, les civils tutsis, à partir de la colline de Mumubuga."

"Ces sodlats blancs étaient en train de tuer avec des très grosses armes les civils tutsis dont mon fils de neuf ans, Nkunrunziza, et mon autre fils, Mazimpaka, âgé de 10 ans."

Boniface mutuyemungu

Pour sa part, Jean-Baptiste Hakizimana témoigne en ces termes:

"Le 13 mai 1994, alors que je me trouvais au Rwanda sur la colline de Mumubuga, j'ai vu des miliciens, des soldats rwandais et plusieurs soldats blancs tirer sur nous les civils tutsis."

"Plus tard dans la journée en traversant la route de Rwirambo en direction des collines de Kazirandimwe, j'ai revu des soldats blancs sur cette route de Rwirambo en train de tirer en direction de la colline de Kagari et de Muyira."

"Ce jour du 13 mai, quatre membres de ma famille sont morts, ma mère Colette Mukundufite, mes soeurs, Tatienne Mukangarembe, Emmanuelle Mudankaka, et Umuhoza."

Pylone

Pour sa part, Monieur Emmanuel Karibana témoigne en ces termes:

"Les 13 mai 1994, j'ai vu des soldats blancs près de l'école primaire près de la colline de Mumubuga à BIsesero au Rwanda."

"Ces soldats blancs étaient avec les autorités de la commune de Gishyita. Tous étaient en train de tuer avec de très grosses armes à feu les civils tutsis; dont ma famille, nous étions en face sur la colline de Nyiramakware, ce jour-là ma femme, Béata Nyirahavugimana, a été tuée, ainsi que ma fille de 8 ans Kiromba et mon fils de 12 ans Nshimiyimana."

Muyira27