Extraits filmés de témoignages

Quelques extraits de témoignages filmés de rescapés et d’anciens génocidaires

  • TÉMOIGNAGE SUR SITE DE MARCEL HARERIMANA (RESCAPÉ ET FILS D'AMINADABU BIRARA)

[Afin d’améliorer la compréhension de la vidéo ci-dessous à l’aide de sous-titres, dont le français et l'anglais, cliquez, une fois la vidéo lancée, sur le bouton paramètres en bas et à droite de l’écran.]

 

  • TÉMOIGNAGE DE SIMÉON KARAMAGA (RESCAPÉ ET ADJOINT D’AMINADABU BIRARA) :

Siméon Karamaga, un des principaux chefs de la résistance civile de Bisesero au génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda, nous a quitté en mai 2020. En hommage à ce grand Homme, voici un extrait d’une interview qu’il fit il y a dix ans et dans laquelle il relate comment des Blancs étaient, à la mi-mai 1994, venus appuyer les forces génocidaires sur le terrain du plus grand massacre anti-Tutsi. Siméon Karamaga fut l’adjoint du chef de la résistance civile. Son courage et son intelligence a permis aux dizaines de milliers de civils tutsi réunis à Bisesero de résister sans arme pendant des semaines aux attaques des génocidaires. À tel point que ces derniers n’eurent d’autre choix que de faire appel à des soldats blancs munis d’armes lourdes pour venir à bout de cette dernière poche de résistance civile au génocide. Le 12 mai 1994, Siméon Karamaga a vu ces soldats blancs rejoindre leurs assassins pour organiser l’attaque génocidaire du lendemain. Courant pour sauver leur peau, tous les rescapés tutsi n’ont pas vu ces dix, vingt ou trente soldats blancs au cours de la grande attaque qui regroupait des milliers de génocidaires. Mais les nombreux survivants qui les ont vus certifient que ces Blancs ont activement participé, le 13 mai, au massacre de plus de 40.000 Tutsi à Bisesero. Des armes lourdes pour oser affronter des civils combattant à mains nues fut le seul moyen pour les génocidaires de venir à bout de ces Hommes et Femmes hors du commun. Ce fut le combat du courage contre la lâcheté, de l’honneur contre le déshonneur, combat duquel les Tutsi de Bisesero sont les grands vainqueurs au regard de l'Humanité, au regard de l’Éternité.

  • TÉMOIGNAGES DE RESCAPÉS RENCONTRÉS SUR LA ROUTE ET RECUEILLIS LE 30 AVRIL 2009

Ces interviews ont été réalisées le 30 avril 2009 à Bisesero. Il s'agit de rescapés rencontrés par hasard sur la route au moment où l'équipe de tournage se rend sur un lieu prévu pour une reconstitution avec des témoins interviewés les jours précédents de façon individuelle. Il a alors été décidé de stopper le véhicule et de recueillir leurs témoignages.

  • ENTRETIEN INDIVIDUEL AVEC JEAN NGARAMBE (GÉNOCIDAIRE) :

Jean Ngarambe raconte s’être rendu, le 12 mai 1994, à Mubuga où il savait qu’il trouverait des militaires rwandais. Or ce sont des soldats français qu’il eut la surprise d’y rencontrer. Il raconte que le lendemain 13 mai, il se rendit à Bisesero y massacrer les civils tutsi au côté de soldats français. Ce témoignage fut recueilli par Serge Farnel le 30 avril 2009 à Mubuga. Avant d’avoir été consignée dans le livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?", la retranscription écrite de cet entretien a, comme tous les autres entretiens, fait l’objet d’une vérification minutieuse de la première traduction à la volée du kinyarwanda vers le français.

  • TÉMOIGNAGE SUR SITE D’EMMANUEL KAREBANA (RESCAPÉ) :

Témoignage d'Emmanuel Karebena recueilli par Serge Farnel sur la colline d'Uwingabo, en face des collines de Kagari, de Sakufe (colline de Mumataba) et de Muyira. Emmanuel raconte la participation de soldats blancs au massacre qui eut lieu le 13 mai 1994 sur la colline de Muyira.

  • RECONSTITUTION SUR SITE AVEC RAPHAËL MAGEZA (GÉNOCIDAIRE) :

Raphaël Mageza raconte comment il a, le 13 mai 1994, participé à achever les civils tutsi réfugiés sur la colline de Nyiramakware, et préalablement blessés par les tirs des soldats blancs positionnés en face, sur la colline de Mumubuga. Ce témoignage fut recueilli par Serge Farnel le 16 février 2010 sur la colline de Mumubuga. Avant d’avoir été consignée dans le livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?", la retranscription écrite de cet entretien a, comme tous les autres entretiens, fait l’objet d’une vérification minutieuse de la première traduction à la volée du kinyarwanda vers le français.

  • ENTRETIEN INDIVIDUEL D’UNE HEURE TROIS QUART AVEC ADRIEN HAROLIMANA (RESCAPÉ) :

Témoignage d’Adrien Harolimana recueilli par Serge Farnel le 22 avril 2009 à Kibuye. Adrien y explique notamment les conditions dans lesquelles il a, le 12 mai 1994, aperçu un convoi de soldats blancs passer sur une route, alors qu’ils se trouvait sur la colline de Gitwa (Bisesero). Une reconstitution sur les lieux de la scène du 12 mai 1994 décrite dans le présent témoignage a été effectuée et filmée le 30 avril 2009. Avant d’avoir été consignée dans le livre "Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?", la retranscription écrite de cet entretien a, comme tous les autres entretiens, fait l’objet d’une vérification minutieuse de la première traduction à la volée du kinyarwanda vers le français. Cet entretien fait partie des premiers entretiens traduits par un interprète non professionel. Il s’agit du caméraman qui avait été chargé de filmer les différentes interventions d’un symposium à Kigali. L’enquêteur faisait partie des intervenants de ce colloque et avait demandé au caméraman de bien vouloir l’accompagner afin de recueillir des témoignages. Le présent témoignage fut recueilli par Serge Farnel le 22 avril 2009 dans une chambre du Home Saint-Jean, un hôtel situé à Kibuye, et donnant sur le lac Kivu.

  • RECONSTITUTION SUR SITE DU TÉMOIGNAGE D'ADRIEN HAROLIMANA (RESCAPÉ) SUR LA COLLINE DE GITWA (BISESERO)

Au cours de cette reconstitution réalisée le 30 avril 2009 à Bisesero d'un témoignage entendu quelques jours plus tôt à Kibuye, Adrien indique les circonstances précises dans lesquelles il a aperçu, le 12 mai 1994, des soldats blancs passer sur une route de Bisesero en compagnie d'un homme noir.

 

  • ENTRETIEN INDIVIDUEL D’UNE HEURE TROIS QUART AVEC ANTOINE SEBIRONDO (RESCAPÉ) :

Témoignage de Antoine Sebirondo recueilli par Serge Farnel le 21 avril 2009 à Kibuye.

Une reconstitution sur les lieux de la scène du 12 mai 1994 décrite dans le présent témoignage a été effectuée par Serge Farnel, et filmée, le 30 avril 2009 sur la colline de Nyakigugu. Antoine raconte notamment les circonstances dans lesquelles il vit, le 12 mai 1994, passer sur la route un convoi de véhicules à bord desquels il reconnut des Blancs en uniforme, le convoi d'arrêtant une dizaine de kilomètres plus loin dans le fief des miliciens génocidaires.

Information pour comprendre le quiproquo de la minute 48 et donc comprendre la suite de cet entretien : L’interprète fait ici une erreur de traduction. Il me traduit en effet ceci : « J’ai vu Twagirayezu le 27 juin avec les militaires français, mais le 12, je l’ai vu passer dans le véhicule des militaires français à un endroit qu’on appelle Ruhuha. » L’interprète se trompe dans la mesure où le témoin n’a jamais dit avoir vu Twagirayezu dans le convoi du 12 mai. Or puisque le témoin va ensuite affirmer ne l’avoir effectivement pas vu dans ce convoi, et que l’interprète va cette fois correctement me le traduire, je vais devoir, au cours de cet entretien, revenir fréquemment sur cette question. Je veux alors comprendre le pourquoi de cette contradiction, sans savoir à cet instant qu’il n’y en a tout simplement pas.

[Le témoin va expliquer, au cours du présent entretien, que lorsqu’il voit, le 12 mai, des Blancs en uniforme, il ne sait alors pas qu’ils sont Français. Comme d’autres rescapés, il lui arrive ainsi d’intégrer ce qu’il a appris par la suite à ce qu’il a vu de ses propres yeux au moment des faits. Il arrive que je fasse également, dans cet entretien, ponctuellement l’erreur de dire « Français » au lieu de « Blancs » pour parler de cette scène du 12 mai. Cela est notamment dû au rythme de l’interview. Nous comprendrons toutefois, au fur et à mesure du déroulement de cet entretien, que ce témoin a, le 12 mai 1994, vu des Blancs en uniforme passer en voiture devant la colline de Nyakigugu. Il a vu ce convoi se rendre jusqu’à la colline de Ruhuha, endroit où ledit convoi s’est arrêté au milieu de nombreux miliciens.]

 

  • RECONSTITUTION SUR SITE DU TÉMOIGNAGE D'ANTOINE SEBIRONDO (RESCAPÉ) SUR LA COLLINE DE NYAKIGUGU (BISESERO)

Au cours de cette reconstitution réalisée le 30 avril 2009 à Bisesero d'un témoignage entendu quelques jours plus tôt à Kibuye, Antoine raconte les circonstances précises dans lesquelles il a aperçu, le 12 mai 1994, des soldats blancs passer sur une route de Bisesero. Il explique qu'après être passé à hauteur de la colline de Nyakigugu où il se cachait alors, le convoi de véhicules s'arrêta une dizaine de kilomètres plus loin, à Ruhuha, bientôt rejoint par de très nombreux miliciens alors venus entourer les véhicules.

 

  • UNE RESCAPÉE (GUDELIEVE MUKANGAMIJE) VIENT À NOTRE RENCONTRE ET INSISTE POUR NOUS PARLER

Alors que je suis à Bisesero en février 2010, une dame insiste pour me parler. J'avais un programme chargé de reconstitutions ce jour. Je décide quand même de filmer ce qu'elle tient à nous dire. Au moment où elle vient à notre rencontre, des génocidaires rwandais m'ont déjà affirmé que les Blancs avec qui ils massacraient les Tutsi étaient français. Aussi je fais l'erreur consistant à dire "Français" alors que rien ne lui permet de savoir que les Blancs qu'elle me dit avoir vus tirer sur des civils tutsi sont français. Les choses vont un peu vite sur le terrain: ces erreurs seront rectifiées par la suite. Par ailleurs, je vais très vite m'interroger sur sa capacité à fixer précisément dans le temps les événements qu'elle me décrit, pensant que la date qu'elle me donne a pu être entendue par elle au cours du déploiement de mon enquête sur le terrain. Aussi je ne me fie pas aux dates qu'elle m'indique mais vais tenter de fixer la date à laquelle les soldats blancs ont, comme elle me le dit, tiré sur lesTutsi, en procédant à une reconstitution sur site avec elle et Michel Kayihura avec qui elle était au moment de la scène qu'elle me décrit.

  • TÉMOIGNAGES SUR SITE DE GUDELIEVE MUKANGAMIJE ET MICHEL KAYIHURA (RESCAPÉS) :

Interview de Gudelieve Mukangamije et de Michel Kayihura réalisée par Serge Farnel au Rwanda le 14 février 2010. Cette interview ne figure pas dans le premier livre de Serge Farnel, en raison d'un travail de recoupement qu'il jugeait alors utile de faire. Extrait de l'article du Wall Street Journal faisant référence à cette interview à laquelle a assisté la journaliste Anne Jolis : « Nous savions que c'était une ruse contre les Tutsis », dit Raphaël Mageza, le beau-frère de M. Sikubwabo. Les Blancs servaient de leurres, afin de rassembler des informations au sujet des endroits où les Tutsis se cachaient. Gudelieve Mukangamije, l'une des victimes potentielles de M. Mageza, en convient : « Ils [les Blancs] ne nous donnèrent pas de bâches [comme ils l'avaient promis]. Ils nous tuèrent. Et ils nous donnèrent aux Interahamwe. » Au moment de ces entretetiens, des génocidaires rwandais m'ont déjà affirmé que les Blancs avec qui ils massacraient les Tutsi étaient français. Aussi je fais l'erreur consistant à dire "Français" alors que rien ne permet à ces deux rescapés de savoir que les Blancs qu'ils me disent avoir vus tirer sur eux sont français. Les choses vont un peu vite sur le terrain: ces erreurs seront rectifiées par la suite.

  • TÉMOIGNAGES SUR SITE DE CASIMIR RUZINDANA (RESCAPÉ) :

Témoignage de Casimir Ruzindana recueilli par Serge Farnel sur la colline de Kanyinya, en face de la colline de Gititi.

  • TÉMOIGNAGES SUR SITE DE SIMÉON IYAKARE (RESCAPÉ) :

Témoignage de Siméon Iyakare recueilli par Serge Farnel sur la colline de Kanyinya, en face de la colline de Gititi.

  • TÉMOIGNAGES SUR SITE DE CHARLES RURANGIRWA (RESCAPÉ) :

Témoignage de Charles Rurangirwa recueilli par Serge Farnel sur la colline de Kanyinya, en face de la colline de Gititi.

  • TÉMOIGNAGES SUR SITE DE PHILÉMON HAKIZIMANA (RESCAPÉ) :

Témoignage de Philémon Hakizimana recueilli par Serge Farnel sur la colline de Kanyinya, en face de la colline de Gititi.

  • TÉMOIGNAGES SUR SITE DE VINCENT KARANGWA (RESCAPÉ) :

Témoignage de Vincent Karangwa recueilli par Serge Farnel sur la colline de Kanyinya, en face de la colline de Gititi.

  • MA PROMESSE AUX RESCAPÉS DU GÉNOCIDE DE GITITI (BISESERO) DE FAIRE CONNAÎTRE LEUR HISTOIRE

  • TÉMOIGNAGES SUR SITE DE RAPHAÊL MAGEZA ET JEAN NGARAMBE (GÉNOCIDAIRES) :

Témoignages de Raphaël Mageza et Jean Ngarambe recueillis par Serge Farnel sur la colline d'Uwingabo en face de la colline de Muyira.